Vincent van Gogh
(Groot-Zundert, 1853-1890, Auvers-sur-Oise)
Branches de marronniers en fleur, 1890
Huile sur toile, 73 x 92 cm
De la Faille 820
La Provence, le "Japon français", n’avait pas comblé les espoirs de van Gogh. Au contraire, elle ne lui avait apporté que déceptions et maladie. Depuis février 1890, à Saint-Rémy, le peintre parle de retourner vers son pays, vers le Nord, probablement conscient qu’il s’agira de sa dernière étape. Théo, toujours prêt à l’aider, lui recommande de séjourner à Auvers-sur-Oise, chez le docteur Paul Gachet, médecin et ami des peintres. Après un court séjour à Paris, il y arrive le 21 mai. Le petit village de campagne, avec ses maisons basses aux toits recouverts de chaume qui s’étirent le long des contreforts de l’Oise, lui rappelle sa patrie. Il peut peindre dans les lieux mêmes où Cézanne et Pissarro avaient travaillé avant lui. Venant du Sud, il vit encore une fois le printemps; le long de la rue, les marronniers sont en fleur. Il peint les vieux arbres aux fleurs éclatantes et il en casse quelques branches qu’il met dans un vase pour les peindre avec des rhododendrons; les lourdes inflorescences se courbent et dans l’alternance de leurs formes avec celles des feuilles, elles occupent tout la surface rectangulaire du tableau. L’influence de l’art japonais est aussi sensible ici, d’autant plus que l’artiste réduit tout ce qui est figuratif pour représenter les branches de fleurs sur un fond bleu-vert vibrant. Le tableau entra en possession du docteur Paul Gachet qui s’occupa de van Gogh jusqu’à la fin de ses jours, sans cependant pouvoir prévenir le pire.