Pierre Auguste Renoir
(Limoges, 1841-1919, Cagnes)
Nature morte aux dahlias, vers 1885/90
Huile sur toile, 65 x 54 cm
Signé en bas à gauche: Renoir
Dauberville 1659
En règle générale, les natures mortes sont pour Renoir un moment de détente après de grandes tâches et ceci est particulièrement le cas pour les natures mortes de fleurs. Il en a réalisé un grand nombre vers le milieu et la fin de sa vie. Contrairement à Cézanne, pour qui la représentation de fleurs était très rare car elles étaient mal adaptées à sa lente manière de peindre, Renoir, par sa technique rapide et légère, se trouve tout à fait dans son élément. Et, comme le rapporte Vollard, Madame Renoir savait encourager ce penchant lorsqu’elle décorait son atelier de fleurs cueillies à Essoyes, son lieu d’origine, ou provenant des "Collettes" à Cagnes. "Lorsque ma femme fait un bouquet, je n’ai plus qu’à le peindre", disait alors Renoir. Madame Renoir agissait de la même manière que, plus tard, Charlotte Berend-Corinth qui ornait l’atelier de Lovis Corinth de séduisants arrangements floraux pour qu’il puisse vaincre ses moments de dépression par la peinture.
Les fleurs abondantes des dahlias aux pétales recourbés, entourées d’un feuillage enflammé, donnent à ce tableau impressionniste un caractère presque baroque qui rappelle Delacroix et évoque le style rocaille du XVIIIe siècle.