Eugène Delacroix
(Charenton-Saint-Maurice, 1798-1863, Paris)
Apollon vainqueur du serpent Python, vers 1853
Huile sur toile, 110 x 99.5 cm
Inscrit en bas à gauche: Eug. Delacroix
Johnson 577
Le 8 mars 1850, lorsque Delacroix fut chargé de peindre le plafond de la Galerie d’Apollon au Louvre, il pouvait poursuivre les riches expériences de décorations murales qui remontaient aux commandes exécutées pour le Palais Bourbon et le Palais du Luxembourg. Comme il devait couronner l'œuvre de Charels Lebrun, peintre du "Roi Soleil" Louis XIV et qui, en 1661, n’avait pas achevé le plafond, il se trouvait devant une tâche inhabituelle qui le remplissait de fierté, d’autant plus que l’œuvre devait trouver place "dans le plus bel endroit du monde" (lettre à Constant Dutilleux du 5 octobre 1850). Mesurant 8 m sur 7,5 m, la galerie, décorée du plafond de Delacroix, fut ouverte au public le 25 octobre 1851.
L'esquisse de la collection Bührle, qui a fait sa première apparition dans l’inventaire après-décès des biens de l’artiste, correspondent dans une large mesure au plafond lui-même: Apollon, dans son char du soleil tiré par quatre chevaux, atteint de ses flèches le dragon Python; il est soutenu dans son combat par Diane, Minerve, Mercure et Hercule, et il est coiffé de la couronne de lauriers de la déesse Victoire et revêtu de l’écharpe de l'arc-en-ciel d’Iris, envoyée des dieux. La composition souverainement adaptée à la forme du plafond dont Apollon est le point central, avec la diagonale dynamique qui conduit du dieu au dragon dressé dans le combat mortel et crachant du feu, suit un programme nuancé rédigé par l'artiste lui-même. Le Johnson juge que l'esquisse de la collection Bührle n'a pas été faite en préparant la peinture de plafond, mais plutôt comme réplique autographe, avec une "signature" ajoutée fort probablement plus tard par une main qui n'étain pas celle de l'artiste.