Edouard Vuillard
(Cuiseaux, Saône-et-Loire, 1868-1940, La Baule)
Le Numéro d'illusionniste, vers 1895
Huile sur carton, 49 x 39 cm
Signé en bas à droite: E. Vuillard
Salomon/Cogeval III-50
Dans la mesure où les jeunes "nabis-prophètes" veulent se détacher du pur tableau de chevalet et chercher un élargissement dans d’autres arts, le théâtre doit les attirer. Affiches, programmes et surtout décors constituent un champ d’activité nouveau et bienvenu. De plus leurs tendances vers l’aspect décoratif les poussent dans cette direction. Plein d’idées, l’acteur Lugné-Poë sert à cet égard d’intermédiaire. Il avait déjà fréquenté le Lycée Condorcet, en compagnie de Vuillard, et il partageait l’atelier de la rue Pigalle avec Vuillard, Bonnard et Denis. Avec la fondation de son "Théâtre de l’Œuvre", dont le nom fut trouvé par Vuillard et où il mettait en scène Ibsen, Björnson et Hauptmann, Lugné-Poë ouvrait aux artistes ce monde nouveau. Ces décors de théâtre ne furent pas conservés: c’est une grande perte pour la connaissance de cette jeune génération d’artistes. Nous pouvons pourtant ressentir quelque chose de cette révolution théâtrale dans ce petit théâtre étroit (de l’Œuvre?) du tableau de la collection Bührle, notamment dans le rouge sonore de la robe de la chanteuse sur scène qui retentit à nouveau dans la veste de la présentatrice, placée devant la scène.